Investir dans l’IA dans un marché de plus en plus concentré : pourquoi les fondamentaux comptent toujours
Alors que l’engouement pour l’IA concentre de plus en plus les marchés, découvrez pourquoi les...
L’intelligence artificielle est demeurée l’une des forces les plus puissantes sur les marchés boursiers au cours du premier semestre de 2026. L’ampleur des investissements reste considérable, des semi-conducteurs et de la mémoire aux centres de données, aux infrastructures infonuagiques et aux systèmes énergétiques nécessaires pour soutenir leur développement. Les hyperscalers et les principaux laboratoires d’IA ont notamment porté leurs prévisions combinées de dépenses en immobilisations pour 2026 à environ 700 milliards de dollars, illustrant l’ampleur exceptionnelle du cycle d’investissement en cours.
Mais à mesure que le cycle d’investissement lié à l’IA s’est accéléré, l’enthousiasme des investisseurs s’est lui aussi intensifié. Au deuxième trimestre, les titres liés à l’IA sont devenus un moteur majeur de la performance des marchés, contribuant à un rallye de plus en plus concentré et dominé par le momentum. Dans certains segments, les cours ont progressé beaucoup plus rapidement que les fondamentaux sous-jacents, ce qui soulève une question importante pour les investisseurs à long terme : lorsqu’un thème structurel porteur devient un trade très encombré, comment distinguer une opportunité durable de l’enthousiasme du marché?
Pour nous, la réponse demeure la même qu’au cours des cycles précédents : se concentrer sur les fondamentaux des entreprises, leur valorisation et la durabilité de leurs bénéfices.
Plus tôt cette année, nous avons expliqué comment le développement des infrastructures liées à l’IA créait des opportunités bien au-delà des bénéficiaires les plus évidents du marché. Nous estimions que l’ampleur des investissements dans les centres de données, l’énergie et les infrastructures connexes pouvait créer des occasions intéressantes pour des entreprises établies présentes à différents niveaux de la chaîne de valeur.
Cette conviction n’a pas changé. Ce qui a changé, c’est l’environnement de marché qui l’entoure. Au deuxième trimestre de 2026, le thème de l’IA a largement dépassé le simple débat fondamental sur la demande à long terme en infrastructures. Le momentum est devenu un facteur de plus en plus déterminant dans l’évolution des cours, notamment dans les semi-conducteurs, la mémoire et plusieurs autres segments liés aux infrastructures d’IA.
Cette accélération a été particulièrement visible dans les semi-conducteurs. Au deuxième trimestre, le Philadelphia Semiconductor Index a progressé de 88 %, tandis que les actions du secteur ont plus que doublé en quelques mois, un mouvement qui n’avait pas été observé depuis 2001.
La distinction est importante. Une forte tendance de croissance structurelle ne constitue pas automatiquement un investissement attrayant à n’importe quel prix. À mesure que les attentes augmentent, il devient essentiel d’évaluer quelle part de la croissance future est déjà intégrée dans les valorisations, dans quelle mesure les tendances actuelles de bénéfices sont durables et si les rendements sont véritablement soutenus par la performance des entreprises ou surtout par une expansion continue des multiples.
C’est précisément dans ce type d’environnement que la discipline fondamentale prend toute son importance.
L’un des risques que nous observons dans certains segments très recherchés de l’écosystème de l’IA est que les attentes de bénéfices deviennent de plus en plus dépendantes des pénuries, des hausses de prix ou d’une demande spéculative persistante.
Ces conditions peuvent être très favorables à court terme, sans pour autant être durables. Le marché de la mémoire en offre une illustration particulièrement frappante. Dans le cas de SanDisk, la forte demande et les pénuries liées au cycle actuel ont contribué à faire passer la marge brute de l’entreprise de 23 % à 78 % en un an. Malgré cette progression spectaculaire, la mémoire demeure historiquement une industrie cyclique et commoditisée, où les périodes de forte rentabilité peuvent éventuellement attirer de nouvelles capacités.
Une offre limitée peut soutenir temporairement les prix et la rentabilité, mais des prix élevés favorisent aussi l’arrivée de nouvelles capacités, la substitution et l’évolution du comportement des clients. À terme, ces forces peuvent normaliser les conditions mêmes qui avaient initialement alimenté une croissance exceptionnelle des bénéfices.
C’est pourquoi nous faisons une distinction entre les entreprises dont la croissance dépend fortement du maintien de conditions exceptionnellement favorables dans leur industrie et celles dont le potentiel repose sur des moteurs plus durables.
Nous privilégions généralement les entreprises dont la croissance peut être soutenue par l’augmentation des volumes, des gains de parts de marché et des besoins récurrents en investissements. Ces entreprises peuvent elles aussi bénéficier de façon importante du cycle d’investissement lié à l’IA, sans que leur thèse d’investissement repose entièrement sur la rareté de l’offre ou sur des attentes toujours plus élevées.
À notre avis, cette approche offre une trajectoire de croissance plus résiliente à travers les différentes phases du cycle.
La concentration a été une autre caractéristique marquante des derniers mois. Malgré de solides rendements des indices, la performance sous-jacente du marché est demeurée très inégale. Un nombre relativement limité d’entreprises liées à l’IA a capté une part disproportionnée de l’attention des investisseurs, alors que de nombreuses entreprises de grande qualité ailleurs sur le marché ont été laissées de côté.
Cette situation crée une dynamique intéressante pour les investisseurs actifs. Lorsque le momentum devient le principal moteur de performance, les fondamentaux propres à chaque entreprise peuvent temporairement perdre de leur influence sur les cours. Certaines sociétés peuvent continuer d’exécuter avec succès, d’accroître leurs bénéfices et de renforcer leur position concurrentielle sans nécessairement être récompensées par le marché.
À l’inverse, des entreprises associées aux thèmes les plus populaires peuvent connaître une forte expansion de leur valorisation, même lorsque l’amélioration de leurs fondamentaux demeure plus modeste.
Ces périodes peuvent être difficiles pour les investisseurs axés sur les fondamentaux, mais elles peuvent aussi créer des occasions. Plus l’écart entre les cours et les fondamentaux des entreprises devient important, plus le potentiel de différenciation peut s’accroître lorsque les marchés recommencent à distinguer davantage les sociétés en fonction de leur qualité et de leur performance réelle.
Vers la fin du deuxième trimestre, nous avons commencé à observer certains signes préliminaires d’un élargissement du marché, alors que certaines positions très populaires liées à l’IA perdaient de leur élan et que les investisseurs recommençaient à s’intéresser à des entreprises de qualité dans d’autres segments.
Il demeure impossible de savoir si cette évolution se poursuivra. Mais surtout, notre approche d’investissement ne dépend pas de notre capacité à prévoir précisément le moment où le leadership du marché changera.
L’intelligence artificielle continue de représenter un important cycle d’investissement, et nous demeurons exposés à des entreprises susceptibles de bénéficier de son développement.
La principale distinction réside dans la façon dont nous choisissons d’y participer. Nous ne recherchons pas une exposition à l’IA simplement pour pouvoir dire que nous en avons. Nous ne sommes pas non plus disposés à assouplir nos exigences en matière de rentabilité, de solidité du bilan, d’avantages concurrentiels ou de valorisation simplement parce qu’une entreprise est associée à un thème populaire.
Nous continuons plutôt de rechercher des entreprises pour lesquelles l’IA peut renforcer une thèse d’investissement à long terme déjà solide.
DigitalOcean en offre un bon exemple au sein de nos portefeuilles. L’entreprise a bénéficié de l’accélération de la demande liée à l’IA et aux infrastructures infonuagiques, notamment dans les domaines de l’inférence, des applications en production et des services infonuagiques de base.
Le titre a progressé de 86 % au deuxième trimestre. Lors des résultats publiés durant la période, l’entreprise a enregistré une croissance de son chiffre d’affaires et de son EBITDA dans le bas de la vingtaine en pourcentage, tout en dépassant les attentes de bénéfices de 59 %. La direction a également relevé sa prévision de croissance du chiffre d’affaires pour 2026 à 26 %, contre 21 % auparavant, et a indiqué viser une croissance de plus de 50 % en 2027, accompagnée d’une marge EBITDA de 40 %.
Ces chiffres illustrent que la hausse du titre s’est accompagnée d’une amélioration tangible des fondamentaux. Néanmoins, à mesure que la valorisation s’est appréciée, nous avons réduit notre position conformément à notre discipline de valorisation.
Cette combinaison est importante. Reconnaître une opportunité structurelle et maintenir une discipline rigoureuse en matière de valorisation ne sont pas deux objectifs contradictoires. À notre avis, ils sont tous deux essentiels à une saine gestion du risque à long terme. Une excellente entreprise peut devenir un investissement moins attrayant lorsque les attentes progressent trop rapidement par rapport aux fondamentaux. De la même façon, une tendance structurelle forte n’élimine pas la nécessité de réévaluer continuellement les rendements attendus.
Le potentiel à long terme de l’intelligence artificielle demeure considérable. Les investissements nécessaires pour construire les infrastructures qui la soutiennent pourraient continuer de créer des occasions dans de nombreuses industries pendant encore plusieurs années.
Mais les technologies transformatrices n’éliminent ni les cycles d’investissement, ni la concurrence, ni les risques liés à la valorisation.
Au contraire, les périodes d’enthousiasme exceptionnel rendent ces considérations encore plus importantes. Nous croyons que les meilleures opportunités à long terme seront ultimement déterminées non pas par les entreprises les plus directement associées à l’IA aujourd’hui, mais par celles qui seront capables de convertir cette demande structurelle en croissance durable des bénéfices, en rendements attrayants sur le capital et en solides flux de trésorerie disponibles.
Le leadership du marché pourrait demeurer concentré encore un certain temps, ou continuer de s’élargir. Nous ne croyons pas qu’un investissement réussi exige de prévoir exactement ce point de bascule. Il exige plutôt de conserver sa discipline tout au long du cycle. Pour nous, cela signifie continuer de privilégier des entreprises de grande qualité, dotées d’avantages concurrentiels durables, de perspectives de croissance soutenables et de valorisations disciplinées, qu’elles bénéficient de l’intelligence artificielle ou de toute autre tendance d’investissement majeure.
Nous mettons notre passion et notre expertise à votre service